Vendredi 10 octobre 2008
V.W. de Geneviève Brisac et Agnès Desarthe

Quatrième de couverture : Parce qu’il est très difficile de décrire une être humain, et encore davantage quand celui-ci a noirci des milliers de pages de romans, de lettres, de journaux, il n’est pas inutile de flâner un peu dans le vague et le brûlant des souvenirs, comme un fond de couleurs et de sensations, sur lequel inscrire les hiéroglyphes, les lignes noires et entremêlées de l’histoire familiale.

En mettant l’accent sur le caractère contemporain de l’oeuvre de Virginia Woolf, Geneviève Brisac et Agnès Desarthe invitent à la relecture d’un auteur capital, dont l’importance commence tout juste à être comprise.

Résumé/Critique/Tout ce que vous voulez : Ce livre est une sorte d’essai biographique sur Virginia Woolf. Les thèmes abordés concernent son écriture (toujours !) mais aussi sa vie, son rapport au monde, au temps, à la guerre, à ses contemporains (Joyce, par exemple, ou T.S. Eliot)... Cette auteure est une femme magnifique, fragile et terriblement forte à la fois, heureuse et désespérée, blessée et dérangeante...

« En dépit de tout cela, je suis heureuse...
n’était cette impression d’une étroite bordure de trottoir au-dessus d’un gouffre. »

Les deux « biographes » déploient cette citation (un extrait de son plantureux journal, je crois) et brodent autour, comme elles le font depuis le début avec brio.

Si l’on ne le savait pas déjà, on voit combien l’écriture de Virginia Woolf est toute en finesse, cherchant à peindre, elle le dit (sa soeur Vanessa Bell est peintre), révolutionnaire !

La lecture est éminemment agréable, car ce livre est écrit comme une déambulation. Nous sommes un petit grillon assis sur le rebord de la fenêtre de la chambre où Virginia écrit son journal, nous sommes une bûche de la cheminée du salon où se réunit le groupe de Bloomsbury... Nous sommes Mrs Dalloway se promenant dans la vie de sa créatrice ! C’est fin, délicat, abordé de manière respectueuse tout en secouant les préjugés, un bel hommage à cette femme que j’imagine aux doigts perpétuellement tachés d’encre !

« Comment s’affranchir de la rigidité du roman ? En le mettant à tremper dans la térébenthine. Utiliser l’image comme solvant du mot. Casser la chronologie mortelle – celle du réaliste qui passe du déjeuner au dîner – en intercalant des portraits, des tableaux. S’abstraire de l’intrigue, de sa linéarité tuante, en glissant des arrière-plans, des profondeurs, en jouant avec la perspective, avec l’alternance du plan large et du gros plan. Virginia Woolf est peintre. C’est un échange. Dans les mêmes années, les plasticiens surréalistes commencent à écrire sur la toile et autour d’elle, utilisant les mots comme des objets, sans toutefois se passer de leur sens. C’est le début du mélange. Le classicisme éclate et les académies se fissurent. Les poètes utilisent la couleur, les peintres s’emparent du mot. »

« Comme le danseur, dont le corps a si bien apprivoisé la musique qu’il la suit tout en la dominant, marquant les accents et jouant avec le tempo, entre anticipation et retard, pour donner au rythme un relief que l’on ne soupçonnait pas, l’écrivain, esclave semi-consentant du temps, se soumet à la chronologie, à la logique du temps, tout en la domptant. La lecture se déroule, mais seul le poète est maître de la durée. On aurait tort de croire que le rythme de lecture dépend du lecteur, de son acuité visuelle ou de ses talents intellectuels, le rythme est, par avance, défini par la main qui écrit. » Ceci me fait penser à la fois à Mrs Dalloway, qui se déroule sur une seule journée... et qui est pourtant un roman  - et à Orlando, qui est un roman, plus court que le précédent, mais qui, lui, dure bien trois cents ans – la vie d’un seul personnage (particulier, il faut bien le dire). N’est-ce pas une exquise maîtrise de la chronologie ? Du temps ?

J’aime découvrir que Woolf plaçait très haut Proust dans ses goûts de lecture... C’est comme un secret (qui n’en est absolument pas un, je vous l’accorde), elle me chuchote que je fais bien de le lire !

Au dernier chapitre, suicide de Virginia Woolf. Elle plonge dans l’Ouse, des pierres plein les poches... J’avais envie de pleurer, en lisant ceci – alors que je savais pertinemment qu’elle l’avait fait. Une émotion très vive m’a étreinte, celle-là même qui me serre encore la gorge maintenant. J’aimerais que Virginia Woolf me serre dans ses bras... Faute de mieux, je me terre dans ses pages.

Détails pratiques : - Éditions de l’Olivier
-    20 €
-    Paru en 2004

par Webiblio
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Dimanche 14 septembre 2008
La Métamorphose, de Franz Kafka



Résumé : Le meilleur résumé est la première phrase de la nouvelle : « Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine. » La vie de Grégoire Samsa, jeune voyageur de commerce jusqu’à cette transformation, qui faisait vivre sa famille, une fois devenu « une véritable vermine »

Ma critique/Extraits :
La façon que Kafka a de raconter est incroyable ! Cette métamorphose est décrite avec tant de naturel qu’elle s’inscrit dans le cadre de la vie courante, j’ose à peine classer cette nouvelle dans les textes fantastiques : rien n’est plus loin de la fameuse « hésitation fantastique » ; ici, ce qui est étonnant et original, c’est justement l’inverse, presque la banalité du fait. Le lecteur ne se pose pas de question : la transmutation est acceptée, ou alors il faut jeter le livre immédiatement ! Je dirais que même le bon sens ne peut être choqué, vue la manière dont Kafka présente les choses.
Avant de lire cette nouvelle, j’imaginais que l’on ne voyait la « métamorphose » arriver qu’au moins à la moitié du livre, voire à la fin, mais certainement pas dès la première ligne !

« Grégoire regarda par la fenêtre ; on entendait des gouttes de pluie sur le zinc ; ce temps brouillé le rendit tout mélancolique : « Si je me rendormais encore un peu pour oublier toutes ces bêtises », pensa-t-il, mais c’était absolument impossible : il avait l’habitude de dormir sur le côté droit et ne pouvait parvenir dans la situation présente à adopter la position voulue. Il avait beau essayer de se jeter violemment sur le flanc, il revenait toujours sur le dos avec un petit mouvement de balançoire. Il essaya bien cent fois, en fermant les yeux pour ne pas voir les vibrations de ses jambes, et n’abandonna la partie qu’en ressentant au côté une sorte de douleur sourde qu’il n’avait jamais éprouvée. »

Le personnage même de Grégoire est intéressant : il pourrait être affreusement ordinaire, sa famille l’est plutôt, mais évidemment il devient tout à fait autre et il est passionnant de suivre l’altération de son humanité, la perte de son « esprit », de son « âme », la réaction de ses parents et de sa soeur cadette, laquelle s’occupe seule de lui, d’abord parce qu’il n’y a qu’elle qui ne soit pas complètement effrayée et qu’elle garde de la tendresse pour son frère mais de plus en plus à cause du pouvoir que cela lui donne. Une humaine, quoi !

« Maintenant sa soeur ne cherchait plus à deviner ce qui aurait pu lui faire plaisir ; elle apparaissait  en coup de vent deux fois par jour, le matin et l’après-midi, avant d’aller au magasin, et lui poussait du pied un morceau de n’importe quoi par la porte ; le soir, sans même s’inquiéter de savoir s’il avait touché à cette pitance ou s’il l’avait laissée intacte – ce qui était devenu courant – elle en faisait disparaître les restes d’un coup de balai. Quant au nettoyage de la chambre, auquel elle procédait maintenant le soir, il ne pouvait être enlevé de façon plus expéditive : des zones de crasse s’allongeaient sur les murs, de petits tas de poussière et d’ordures s’accumulaient dans tous les coins. Les premiers temps Grégoire s’était installé aux endroits les plus malpropres au moment de l’arrivée de sa soeur, pour lui apparaître ainsi comme un reproche. Mais il aurait bien pu rester là des semaines sans que Grete changeât jamais rien à sa conduite ; elle voyait la saleté aussi bien que lui, seulement elle avait décidé une fois pour toutes de la laisser en place : voilà.
    Cela ne l’empêchait d’ailleurs pas de veiller plus jalousement que jamais à ce qu’on lui conservât le monopole du nettoyage de la chambre ; ce regain de susceptibilité s’était montré contagieux ; c’est ainsi que la mère opéra un jour un  grand lavage de la pièce qui nécessita plusieurs seaux d’eau – et ce déluge mortifia profondément le pauvre Grégoire étalé sur son canapé dans une immobilité amère – mais la punition ne tarda pas. À peine la soeur, en rentrant le soir, eut-elle en effet remarqué cette innovation que, se sentant profondément offensée, elle courut à la salle à manger pour y piquer une crise de larmes malgré les supplications de sa mère qui lançait les bras aux cieux (...) »

Une analyse fine de la nature humaine, une aventure à suspense tout de même, une écriture intéressante pour la nouveauté de sa façon d’aborder le fantastique... Et en plus c’est court ! Moi je dis : jetez-vous dessus !

Détails pratiques : - plein d’éditions !
-    Les prix : de 1,90 € à plus !
-    82 pages dans ma vieille édition  « Le Livre de Poche »
par Webiblio
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Dimanche 24 août 2008


Résumé de 4e de couverture :
Au VI° siècle, l’île de Bretagne est assaillie par les Saxons, les Gaëls et les Pictes. Après la mort du roi Guendoleu, tué lors d’une terrible bataille, son jeune barde Merlin se trouve plongé malgré lui dans un complot aux conséquences effroyables.
Fuyant la barbarie, perdu dans les affres d’un amour impossible, il parcourt les royaumes celtiques ravagés par la guerre, suscitant la méfiance de ceux qui voit en lui « le fils du diable ».
Au plus profond de la forêt, pourtant, l’enfant se découvrira de bien étranges alliés. Au cours de ce voyage initiatique, celui qui deviendra Myrddin le Nécromant réussira-t-il à percer le fascinant secret qui pèse sur ses origines ?

Mon résumé et ma critique : Un roman que j’ai du personnellement lire en deux fois, ma première tentative s’étant arrêté un peu avant la moitié du bouquin par ennui. Mais j’ai réessayé cet été, sachant où cela avait coincé la dernière fois, et j’ai « franchi le cap « pour découvrir un livre qui m’a quand même bien plu. = )

Ce livre ne traite en aucun cas du Merlin de la table ronde que nous connaissons : d’Arthur et de ses chevaliers, nous n’entendons ici point parler. Les Chrétiens envahissent l’île de Bretagne, et druides, bardes et prêtres opposent leur culture. Les royaumes sont éclatés, les frontières fragiles, les alliances se font et se défont au rythme des assassinats et des trahisons.
C’est dans cet univers que nous plonge Jean-Louis Fetjaine, attachant son lecteur aux pas du jeune Merlin, qui se retrouve malgré lui au cœur de toutes les convoitises.

Ce livre n’est pas une histoire d’aventure à proprement parler, relatant des histoires de palais, mais plus ce qui s’apparenterai à un « road movie ». Sachez-le, ce livre ne retrace que le voyage du jeune barde, et les évènements qui s’y rapporte. Mais c’est tout de même, sans en faire un « best seller » un livre très agréable à lire ! = )

Extrait : « - Eux-mêmes se nomment les « Bonnes Gens », reprit-il. Tu en as sûrement entendu parler, au moins dans les contes de bonnes femmes…
- Les Elfes n’existent pas, protesta Merlin avec réticence. Ce ne sont que des légendes.
Blaise partit d’un rire sans joie.
- Et c’est toi qui dit ça !
Il se détourna, défit du bout du pied le lit de fougères sur lequel l’enfant avait dormi, ramassa la couverture moirée dont il s’était couvert et l’examina pensivement.
-Non, soupira-t-il sans le regarder, ce ne sont pas des légendes, je le crains… les Elfes étaient là au commencement, bien avant que les premiers Celtes débarquent sur cette île, au temps où la Bretagne tout entière n’était qu’une vaste forêt. Et puis les hommes sont venus et les ont chassés sans merci. On prétend que certains se sont enfoncés sous terre, dans les collines de Preseli ou ailleurs, et qu’il en resterait encore des bandes, dans les bois… tu vois, il semblerait que les légendes disent vrai…
- Mais ce ne sont pas des lutins ! s’écria Merlin. Ce sont des êtres humains !
- Ainsi, tu les as vus, fit Blaise en revenant vivement vers lui. Comment sont ils ? »

Prix littéraire(s) : Prix Imaginable 2003

Pour un public : grand ado ou adulte

Edition : Pocket

Note : 8/10

Critique d'Almériane, modératrice du Forum Littérat de Bibliothèque
par Webiblio
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Dimanche 24 août 2008


Résumé de 4e de couverture :
Des milliers d’années avant le Seigneur des Anneaux, le Terre du Milieux est en proie aux luttes contre Morgoth, le premier Seigneur Ténébreux, et les Elfes, alliés aux Hommes. C’est contre Tùrin et Niënor, les enfants de Hùrin, que Morgoth va lancer une terrible malédiction, les contraignants à une vie malheureuse et errante, pour se venger du héros qui a osé le défier.
Les Enfants de Hùrin, œuvre entreprise par Tolkien au cours de la première guerre mondiale, s’adresse aux lecteurs du Seigneur des Anneaux, qui retrouveront le souffle de ce roman dans l’histoire de Tùrin, héros humain qui cherche sa place parmi les Elfes et les Hommes dans un monde en guerre ; trompé par le destin, il lutte de manière spectaculairement tragique contre Morgoth, nous faisant découvrir un passé méconnu de la Terre du Milieu.

Mon résumé et ma critique : Dès la première ligne, on reconnaît le style bien propre à Tolkien : des milliers de personnages, de noms, des sonorités comme on a pas l’habitude… Mais comme les autres livres, dès la première page achevée, on se retrouve dans cet univers magique, fantastique, dément, transporté dans un monde où tout est à la fois possible et prédestiné, comme le découvriera Tùrin. On feuillette un peu les appendices, on jette un coup d’œil à la carte, on suit les arbres généalogiques, on s’émerveille devant cet univers crée de toute pièce. Oui, j’aime l’oeuvre de Tolkien, et même si des fois on se dit que Tùrin « les collectionnent » ( les malheurs, bien sûr ^^ ), que l’on se dit que, chapitres après chapitres, on assiste à une liste de course de catastrophes, à des amitiés compatissantes qui se nouent et se dénouent, on lit, on lit, on lit, et on referme le livre en se disant « quoi, déjà finit ? »

Extrait : « Or Tùrin s’aperçut que l’amitié de Gwindor se refroidissait à son égard ; et il s’étonna également de voir que si au début, la douleur et l’horreur d’Angband avait paru s’estomper dans son cœur, voilà que semblaient s’insinuer en lui de nouveau le chagrin et la détresse. Et il pensa que, peut-être, Gwindor s’affligeait de ce que Tùrin s’opposait à ses avis, et que ce soit sa voix qui l’ai emporté ; et il regrettait qu’il en soit ainsi. Car il aimait Gwindor comme celui qui l’avait guidé et secouru, et il était plein de compassion pour lui. Mais à la même époque, le rayonnement de Finduilas également se ternit, son pas s’alanguit et son visage se fit grave, et elle devint de plus en plus pâle et mince ; et Tùrin, l’observant, soupçonna que les paroles de Gwindor avait pu semer en elle la crainte de ce qui pouvait advenir. »

Traduction en langue française : 2008 traduction de Delphine MARTIN

Pour un public : plutôt ado/adulte et bon lecteur ! Tolkien, quoi !

Edition : Christian Bourgeois Editeur ( 25€ )

Note : 8/10`


Critique effectuée par Almériane, modératrice du Forum Littérat de Bibliothèque
par Webiblio
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Mercredi 20 août 2008
résumé du 4eme de couverture :
Stark est le héros dont le futur a besoin-ce n'est pas peu dire.Il est intelligent, maitre de lui a l'éxcès,il aime les chats et posséde un goût inné pour choisir ses chemises et ses pantalons.Bref, il est l'homme du dernier recours quand on est confronté a des problémes que nul autre ne peut résoudre.
Car Stark n'est pas un privé comme les autres : il a un don qu'il utilisse dans les cas d'urgence.Mais un don telle ment incroyable qu'il ne vaut mieux pas en parler.On le prendrait pour un fou. Même vous... Si, si.
C'est pourqoi, lorsque le Quartier du " Centre " - Sorte de ville autonome par des milliers de narques -lui demande de retrouver un haut fonctionnnaire qui a disparu, il ne sagit finalement pour lui qu'une enquête banale... une de plus.
Mais voilà, l'affaire est plus compliquée qu'il n'y parait et la solution du problème tend dangereusement vers le passé de Stark. Un passé qu'il avait oublié, mais qui en revanche se souvient bien de lui.
Dans un univers futur, complétement déjanté où les objets parlent, où Rêve et Réalité rêglent leurs comptes à grands coups de poings ( ou au lance-roquette, quand il y en a un qui traine ), Stark est le seul qui peut faire la différence, car le temps presse, et il n'y a pas de retour en arrière possible.
Avance Rapide...

Votre résumé : Dans un monde futur où les villes marchent par Quartier allant du" Centre" où les habitants pasent leurs vies à travailler au "Rouge" où il ne vaut mieux pas aller sans le soutien d'une petite armée, Stark doit retrouver un Fonctionnaire du Centre...


Extrait : J'étais toujours assis là, attendant dez mourir, attendant de me fossilisser, attendant que la cafetière, dans la cuisine, évolue assez pour me servir une tasse et me l'apporter, quand le téléphone à sonné.
Je me suis taté pour décrocher.Le combiné était à l'autre bout de la pièce. Je n'avais pas envie de répondre...Pas ce matin, sinon je serai allé mourir tranquillement de l'autre coté, près du téléphone.

Critique : Trés bon style, le récit est bien mené et rigollo. Le héros est attachant et il y a du rebondissement.
Hélas, il y a certain passage pas très claire.

Détails pratiques : Bragelonne, 20 euros

Note : 19.5/20

Critique de Galadas, modérateur du Forum Litterat de Bibliothèque
par Webiblio
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Mercredi 20 août 2008
La compagnie noire de Glen Cook


Résumé de 4e de couverture : Depuis des siécles, les traditions et souvenirs de la compagnie noire sont consignés dans les présentes annales.Depuis des siécles, la troupe se loue au plus offrants et les batailles qu'elles a livrées ont déja remplis maints volumes.Jamais pourtant elle n'aura traversé de période aussi trouble. Entrée au service de la Dame et de ses sorciers maléfiques, la compagnie participe à l'une des plus sanglantes campagne de son histoire. Les combats incessant, la magie noir qui empuantit l'air, bientôtles hommes tombent comme des mouche et ceux qui restent debouts commencent à se demander s'il ont choisi le bon camps
Ce sont des mercenaires, ils sont violent, dépravées et ignares, sans foi ni loi mais même eux peuvent avoir très peur...

Votre résumé : La compagnie existe depuis longtemps et se retrouve engagées par La dame et doivent se battre contrez les rebellent de la rose.Ils se retrouvent engagée a devoir se battres pour survivre.Ils se rendent rapidement comptes que l'ennemi n'est pas forcement celui que l'on croit...

Extrait : "Des pouvoirs se sont livrés batailles cette nuits là, mais j'ai raté le spectacle. Je ne sais pas pour qui le désastres à été le plus grand. Nous avons perdu Croquelune, l'Anonyme et Rode-La-Nuit. Seul Rode-La-Nuit est tombé sous les coups de l'enemis. Les autres ont été victimes des dissesion intestines des Asservis."

Critique :point+ -Très bon styles
-de l'humour
-du suspense
-une suite!!!
point - -(J'en ai pas trouvé^^)


Détails pratiques : J'ai lu, 380 pages, et je me rappelle pas du prix



Notes : 20/20

Critique de Galadas, modérateur du forum Littérat de Bibliothèque



par Webiblio
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Mercredi 20 août 2008


Sue une iddée de Turk et de DeGroot
Scénariste : Bob de groot
Déssinateur : Turk

Résumé : Etant une série, le résumé est plutot dur Cligne donc : Résumé general : Léonard est un génievivant dans un petit village d'Italie.Aidé de Basile, le disciple, il invente des inventions allant de la ""léoarbaléte" à la "léonavision" au malheur du disciple, incontournable maladroit...
Entre le chat philosophe et la femme de ménage corpulente et autoritaire, les aventures comique d'un génie et de son disciple(Ca claque, non?)

Pour qui : Tout le monde adulte ou enfant.

Les + : dessin pas trop dur, trés, trés comique, un petit lien avec la réalité.
Les - : peut étre un peu répétif dans les dernier album mais on leurs pardonne:)

Série en cours et 37 albums paru( je crois)
Editer au Lombard ou chez Dargaud
prix : 8.27 a la fnac
Notes : 10/10

Site officiel : http://leonard.lelombard.com

Image


Critique de : Galadas, modérateur du Forum Littérat de Bibliothèque
par Webiblio
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Mardi 8 juillet 2008
Abzalon, de Pierre Bordage



Résumé du quatrième de couverture : Ester : un monde menacé par l’instabilité de son étoile. Sur le continent Nord, le gouvernement, pressé par l’Église du Moncle, décide l’annexion du continent Sud, où vivent les Kroptes, peuple pacifique, religieux et polygame. Une invasion brutale qui dissimule un autre projet : la recherche d’une nouvelle planète habitable.
    Abzalon et Loello, incarcérés dans la sinistre prison de Doeq, se battent pour leur survie sous l’oeil des « mentalistes », les spécialistes du comportement. Ils ignorent qu’une épreuve plus terrible encore les attend. Celle-là même peut-être que devine dans ses visions Ellula, jeune Kropte rebelle mariée d’autorité : un interminable voyage à travers le néant.
    Un jour, Abzalon fait une étrange rencontre dans les souterrains de Doeq. Serait-ce un Qval, un de ces êtres légendaires dont on dit qu’ils furent les premiers Estériens ?
    Or un gigantesque chantier s’achève sur un satellite d’Ester : le projet « Estérion ».

Extraits :

« Cependant, le grand dioncle Jahern n’avait pas prévu que l’écriture, pratiquée à haute dose, aurait les effets inverses de ceux qu’il avait escomptés. La danse de la plume sur le papier engendre en effet un recul sur les événements qui modifie le champ de perception. Et les vérités présentées comme intangibles ne résistent pas à l’exploration quotidienne de la conscience, les dogmes se fissurent lorsqu’ils se confrontent à l’introspection sincère, aux mythes originels, aux archétypes, le centre de la vérité se déplace. »

« Ellula baissa la tête, trop émue pour articuler le moindre son. Les larmes qui perlent à ses cils se décrochent, roulent sur ses joues. Elle mesure soudain le sacrifice de ces femmes condamnées à l’errance et au silence perpétuels. Elles ont recueilli et gardé pendant des siècles les inavouables secrets de ceux-là mêmes qui les ont bannies. Chassées de ferme en ferme, elles ont été les exutoires, les courants d’air qui dépoussièrent, qui dispersent les miasmes. En ouvrant des espaces de liberté dans un monde figé, elles ont entretenu son mouvement, elles lui ont évité de crouler sous le poids de sa propre rigidité. »

« Je vous assure pourtant que je n’étais pas différent là-bas. J’étais un parfait soldat de l’Un, j’égorgeais, je brûlais, je pillais sans aucune retenue, sans aucun remords, je préparais avec une rare énergie l’avènement de l’Église.
-    Qu’est-ce qui a fait que vous avez...
-    Changé ? Je suis incapable de répondre précisément à cette question. Peut-être la vue des cadavres kroptes dans les fosses, peut-être l’enfermement dans cette prison spatiale, peut-être la proximité permanente du vide, peut-être une tendance hasardeuse à la compassion. Je suis sans doute ce qu’on appelle une exception à la règle, un accident génétique. Je n’ai pas séjourné dans le ventre d’une mère, mais sait-on vraiment ce qui se passe dans une éprouvette ? J’ai poussé la différence jusqu’à désirer des femmes, comme les dioncles dégénérés de l’ancien temps. »
Il se garda de préciser qu’il parlait en l’occurrence d’Ellula, non qu’il eût peur de la réaction de son interlocuteur, mais il ne souhaitait pas encombrer leur amour avec ses propres turpitudes.

Critique :
un magnifique roman de science-fiction... Pierre Bordage m’étonnera toujours de son talent incroyable à créer toujours de nouveaux mondes, des « futurs possibles » (quoique généralement peu souhaitables) pour notre planète... qui, tout en ayant généralement en commun la « surtechnologie » en contraste avec le dénuement, l’approche de la nature, continuent à être différents, et pour l’instant, je ne m’en lasse pas !
    Ce qui me plaît beaucoup dans Abzalon, c’est que les personnages qui apparaissent d’abord très « primaires », manichéens, dans leur personnalité, leur façon de penser, se complexifient et se densifient à mesure que l’on tourne les pages ! Abzalon, par exemple, semble être une brute sauvage et pulsionnelle, mais on le découvre tout autre, il évolue énormément dans le roman. Il en va de même pour le moncle Artien (un prêtre de la religion dominante d’Ester), que son ouverture rend tellement différent de ses homologues ; on le sent d’autant plus qu’au début de chaque chapitre, on a quelques pages en italique, qui sont des passages de son journal le plus souvent, ou bien des transcriptions de conversations télémentales... Ces extraits de journal sont souvent très intéressants, car ils nous permettent de suivre le cheminement psychologique du religieux. Ellula elle-même, personnage type : très belle jeune femme, pourvue d’un « don » de vision, « belle et rebelle », dirais-je ! Et bien, Bordage réussit à nous surprendre même avec elle !
    Il y a un suspense, une tension tout au long du roman, qui attisent notre curiosité. Trois pages avant la fin, je me demandais encore comment ça allait finir !
    Bordage dénonce, à travers son roman – c’est courant en SF, je vous l’accorde -  et dénonce des choses sur lesquelles mon opinion tendrait à rejoindre la sienne... Il tient toute religion en horreur, semble-t-il ! Il est vrai que celles qui qu’il dépeint sont totalement insupportables : elles transportent un fanatisme dévastateur, une idéologie fortement déplaisante, asservissement de la femme (que voulez-vous, on ne se refait pas !), disparition de l’individualité et de l’esprit critique au profit de l’abrutissement général... Que du bonheur ! Les plus hauts responsables ne cherchant jamais autre chose que le pouvoir, bien entendu. Bordage le montre de façon assez intéressante, puisqu’on a le parallèle entre deux Églises, monclale et kropte, aux valeurs apparemment opposées (clonage/reproduction naturelle, technologie/agriculture, etc.) mais se rencontrent à travers des moyens semblables, cités plus hauts !
    En bref, un excellent roman de SF, alliant intrigue haletante et beaux personnages complexes, soutenus par des valeurs essentielles.

Détails pratiques :
- Éditions l’Atalante et J’ai lu SF
-    Paru en 1998
-    20,13 € à l’Atalante, et 7,60 € chez J’ai lu
-    493 pages
-    La suite s’appelle Orchéron (je ne l’ai pas lue)

Critique de Viveleslivres, administratrice du Forum Litterat de Bibliothèque, et votre serviteuse !
par Webiblio
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Vendredi 27 juin 2008
La chaussure sur le toit, de Vincent Delecroix



Résumé du quatrième de couverture : Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l’évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources romanesques.

Mon résumé :
Je déconseille vivement à tout le monde de lire les quatrièmes de couverture – je le fais de plus en plus rarement et surtout pas pour les romans du Prix. Ils en disent souvent trop, ou alors mal et on est déçu, ou simplement très surpris. Cependant, celui-ci est plutôt correct et m’avait fait présager un bon livre – ce qui s’avère. Le coeur de ce livre est effectivement cette « chaussure sur le toit » : chaque chapitre est raconté à la première personne, par un personnage différent, vivant dans l’immeuble. Et chacun d’eux raconte une histoire où une chaussure « apparaît » sur un toit...

Extraits :  « Papa ? Oui ? Est-ce que si je te dis un secret, tu vas me croire ? C’est ça qui t’a réveillée ? Elle me fixait toujours. Elle n’avait pas l’air apeuré, pourtant. Dis-moi ton secret, et après tu vas te coucher, d’accord ? Elle hésitait encore. Je ne le répéterai à personne, c’est promis, mais tu me le dis, et papa va se coucher. Mais est-ce que tu vas me croire ? Si tu veux, ma chérie, si tu veux, mais dis-le-moi vite et va te recoucher. Tu ne le diras pas non plus à maman ? Même à trois heures du matin, il faut garder des principes : ça, on verra, lui ai-je dit, ça dépend de ton secret. Elle a réfléchi un instant avec gravité tout en regardant ses doigts de pied. Quand elle est comme ça, on dirait sa mère. Moi, j’avais juste envie de retourner au lit et d’attendre plutôt le lendemain pour apprendre le grand secret, voire de laisser le soin à Catherine de le recueillir. Bon, si tu veux, tu me le diras demain, parce qu’on ne va pas y passer toute la nuit, d’accord ? Ça l’a décidée. »

« Kant, Critique de la raison pure : Ma nouvelle vocation philosophique a connu des hauts et des bas. Kant a été un pénible moment à passer. Il faut le dire : la possibilité des jugements synthétiques a priori ne m’avait pas jusqu’à présent vraiment tourmenté.
    Évidemment, la découverte que l’espace et le temps n’appartiennent pas aux choses elles-mêmes, mais relèvent de notre faculté réceptive, a provoqué chez moi un vertige assez désagréable : j’ai eu quelque mal à me déplacer dans mon appartement durant cette période, les objets bougeant en même temps que moi – mais je crois que c’était aussi dû à mon régime alimentaire. »

« Alors, j’ai fini par prendre le taureau par les cornes et, un matin, je lui ai dit comme ça, tout à trac : vous savez, ça ne me gêne pas du tout. Il a sursauté, a bredouillé : quoi donc, madame ? Ça ne me gêne pas du tout que vous soyez un pompier homosexuel. Je vous trouve toujours bon garçon, et ça me fait toujours autant plaisir de prendre le petit-déjeuner avec vous. Tu l’aurais vu, à ce moment-là, il en avait les larmes aux yeux. »

Critique :
Ce roman à nombreuses voix m’a fait penser dès le troisième chapitre : « Mais où est-ce qu’il nous emmène ? », « Je croyais que c’était ça... et en fait, c’est ça ? ». Très vite, j’ai ri. Les personnages (pas tous) sont drôles ; certains plus que d’autres, comme ce présentateur télé devenu philosophe (une petite vengeance de l’auteur, qui est prof de philo ?) ou cette vieille femme hébergeant chez elle un jeune pompier homosexuel. L’effet de surprise joue toujours beaucoup, comme dans le chapitre « Caractère de chien » : j’ai vraiment été prise par ce que racontait le narrateur, et au bout de quelques pages, le choc ! J’ai vraiment rigolé toute seule !
    L’idée en soi est réellement bonne, inattendue, originale... Et l’écriture suit ! Que demander de plus ? Il n’est pas complètement léger : le chapitre trois « Chant de l’attente » est un beau passage d’amour, triste et humain, tout en parlant de faits d’actualité.
    Je n’ose pas en dire plus, de peur de dévoiler quelque chose qui gâcherait le plaisir, si quelqu’un se décide à le lire.
    Une autre chose me plaît : le fait que tous les protagonistes habitent le même immeuble, ce qui crée un jeu d’échos et de clins d’oeil fort plaisants.
    Conclusion : un bon roman divertissant, bien écrit et savoureux, drôle et/ou émouvant à souhait, et ne m’ayant pas déçu une seule fois !
    À lire le plus tôt possible (enfin je vous souhaite qu’il sorte en poche !)

Détails pratiques : - Collection nrf chez Gallimard
-    207 pages
-    16 €

Autres : Fait partie de la sélection du Prix St Malo-Étonnants Voyageurs 2008, et a passé la deuxième sélection de 5 livres sur 10.

Critique de Viveleslivres, administratrice du Forum Litterat de Bibliothèque, et votre serviteuse !
par Webiblio
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Dimanche 22 juin 2008
Caravansérail, de Charif Majdalani



Résumé du 4e de couverture : Au début du XXe siècle, la rencontre d’un colonel anglais excentrique transforme Samuel Ayyad, un jeune Libanais aventureux, en une sorte de condottiere guerroyant au Darfour et au Kodorfan, aux confins du Soudan et du Tchad. Un jour, sa route croise celle d’un compatriote qui transporte à travers déserts et savanes, démonté et chargé à dos de chameau, un petit palais arabe qu’il espère vendre à quelque roitelet africain épris de faste. Samuel lui achète son encombrant bagage, avec l’idée de le ramener à Beyrouth. Mais entre-temps, la Première Guerre Mondiale a éclaté et avant de revoir son Ithaque, notre moderne Ulysse vivra une odyssée qui le mènera, à la tête de la caravane portant son palais en pièces détachées, entre pillards et patrouilles ottomanes, le long du Nil puis à travers l’Arabie et la Syrie soulevées par Fayçal et Lawrence, jusqu’aux neiges du Mont-Liban.

Mon résumé : Le narrateur raconte l’histoire de son grand-père, Samuel Ayyad. Le récit se passe au début du XXe, du Soudan au Liban, en traversant bien sûr l’Égypte. Ce héros que le rédacteur du 4e de couverture appelle « Ulysse moderne » en est effectivement un. Il est libanais, une sorte de relais auprès de populations locales de l’armée britannique, car il parle plusieurs langues (français, anglais, arabe...) et peut discuter avec des chefs et des sultans. Il fait des rencontres plus incroyables les une que les autres, voyageant à cheval ou à dos de chameau dans le désert. Il rencontrera un marchand qui récupérait des meubles anciens dans de vieilles  maisons et qui est tombé amoureux d’un palais, au point de le transporter avec lui partout grâce à un long convoi de chameaux, dans l’espoir de le vendre à un riche chef de tribu de la région. Samuel l’escortera, mettra l’argent britannique à sa disposition, et finira par acheter le palais pour le ramener chez lui. Nous suivons son épopée...

Extraits : «  Tout le monde est alors satisfait et on se met à manger, assis à une table dressée au milieu de la savane. Des lampes illuminent le festin et les grandes ombres qu’elles projettent, les couleurs pourpres des tapis jetés sur le sable, les soldats érigés en serveurs et le campement alentour qui bruit doucement, tout donne à la scène une allure royale. »

« Il y a quelques belles portes, des fenêtres travaillées, un bassin de marbre à la mauresque, un petit moucharabieh et deux cheminées en pierre sculptées comme de grosses cloches pointues, mais aussi un mur peint d’oiseaux et de fontaines, un plafond et un escalier ouvragés et même quatre grands miroirs dans des cadres de bronze, rescapés du temps où les produits de la piraterie alimentaient les marchés de la ville. Le propriétaire est un négociant en dattes et fruits secs, en burnous blanc et babouches, qui fait visiter le bâtiment habité par les poules et les chèvres du voisinage. Quand, en enjambant une poutre chue d’un toit, Abyad demande ce que le négociant exige pour les boiseries, les portes, le plafond et aussi les miroirs, ce dernier réfléchit, il a un passe-temps aux grains d’ambre et un air un peu matois, il marmonne des comptes, puis, de l’air de quelqu’un qui vous donne en solde et pour le prix d’un kilo son stock d’oranges menacées de pourriture, il propose à Abyad d’acheter tout le monument pour le prix des boiseries et du miroir. »

« Il se débarrasse de cet étrange sac qu’il porte en bandoulière et qui semble extrêmement pesant, le pose entre lui et Samuel comme une outre, l’ouvre, et après y avoir plongé les deux mains comme on fait dans un sac d’or, il en sort une tête, une tête coupée, non pas une tête véritable, mais l’extraordinaire tête d’un dieu, ou plutôt d’une déesse, sculptée dans une pierre rougeâtre, les yeux largement ouverts, la bouche esquissant un sourire, les cheveux bouclés comme ceux des Arabes de la péninsule et tenus par un bandeau à la manière grecque, une tête de statue hellénisante qui d’un seul coup métamorphose l’ambiance de la tente, concentre et exalte l’air, les couleurs et les formes autour d’elle. Devant la stupéfaction de Samuel, d’Argès à nouveau sourit et rappelle qu’il est archéologue, il explique que cette tête de déesse provient de la région de Modaïn Salik, c’est celle de la déesse Al Lat, ou celle d’All Uzza, ou d’Atargatis, engin, l’une des déesses que vénéraient les Nabatéens et les Ghassanides, qu’il y en a beaucoup dans la même région mais que, désormais, il ne pourra plus, lui, y accéder. »

Critique :  Des quatre de la sélection du prix St-Malo que j’avais lus lorsque j’ai fini celui-ci [L’incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, L’homme sans empreintes, Le village de l’Allemand], c’est lui qui m’a fait le plus voyager. Il dépayse vraiment et très vite les pages blanches se sont transformées en dunes et les caractères noirs en chameaux traversant ce livre pour nous conduire jusqu’au point final. L’écriture n’est pas omniprésente et  laisse beaucoup de place à l’intrigue. Cette « chameauchée » n’est pas trépidante pourtant de longues années sont contées en quelques pages. Le rythme est allant, sans nous essouffler. L’auteur parvient à nous plonger dans son monde brûlant en quelques lignes, on peut sortir et entrer dans ce livre avec simplicité, quoique sans facilité démesurée. Je ne sais finalement pas tellement quoi penser de cet ouvrage, qui, certes, m’a plu, mais ne me laissera sans doute pas de souvenir marquant. Ce n’est pas de la littérature facile mais ça ne demande pas d’effort démesuré à la lecture. L’univers nous entraîne, car ce n’est pas un des plus traités (du moins dans la littérature française), mais on se manque parfois de références plus ou moins nécessaires à la compréhension du contexte, ce qui peut être un peu laborieux... Certains jurés ont dit que l’auteur « hésitait entre un roman et un livre historique » ; je n’irais peut-être pas jusque là, mais ce n’est pas totalement faux.
    Si vous avez envie de passer un bon moment, de vous changer les idées, je vous conseille ce livre. En revanche, si vous souhaitez sortir de votre lecture transformé et avoir matière à réflexion, alors choisissez peut-être autre chose !

Note : 15/20

Détails pratiques : - Éditions du Seuil
-    17 €
-    214 pages




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